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La Thérapie par les Dauphins
Description de quelques études Betsy Smith-David Nathanson- Projet auti-dauphin- Conclusion. Les premiers travaux sur la delphinothérapie remontent aux années 1970, avec deux pionniers principaux : Betsy A. Smith et David Nathanson, aux Etats-Unis. Actuellement, les principaux résultats d'études sur la delphinothérapie sont ceux récoltés par Nathanson. Une étude relativement récente réalisée en Belgique, au delphinarium de Bruges a également publié certains résultats.
Les enfants ou adolescents que Smith mettra en contact avec des dauphins sont majoritairement des enfants autistes ou souffrant d'une déficience neurologique.
D'après elle, les bienfaits thérapeutiques que l'on peut observer à la suite de ces interactions sont en grande partie dûs au mode de communication du dauphin : le dauphin communiquant essentiellement par le son et par un langage corporel extrêmement varié.
Les travaux de Betsy Smith ont commence au début des années 1970, avec a) Le Dolphin Project : est un programme mit sur pied par la World Dolphin Foundation au début des années 1970, dans la Baie de Key Biscane, en Floride et qui consiste à mettre des personnes handicapées en contact avec des dauphins dans le but d'observer ce qu'il ressort des interactions. Les dauphins évoluent dans un lagon et donc dans un milieu « naturel ». Les observations montrent que les interactions avec les dauphins semblent améliorer les aptitudes de communication et les capacités d'apprentissage chez certains individus. Sans doute le premier du genre, ce projet dont la procédure n'est pas rigoureuse servira de base aux recherches ultérieures de Betsy Smith, qu'elle tentera d'organiser méthodologiquement à la suite des hypothèses tirées de ses observations. b) Le Project Inreach : a été mis sur pied en 1978-1979 afin d'apporter une confirmation ou non des observations du dolphin project.
Les hypothèses sont, premièrement, la possibilité que certains enfants autistes développent des formes de communication nouvelle avec certains dauphins.
Deuxièmement, qu'il y ait un bénéfice thérapeutique pour les enfants, les parents et l'ensemble du personnel soignant
Le programme se déroule avec 3 dauphins captifs. Les enfants sont au nombre de 8, tous sont atteints d'autisme et leur âge varie entre 10 et 17 ans.
Un total de 6 séances (de 4 à 6 heures) sont organisées, sur une fréquence allant de 1 semaine à 1 mois. Il s'agit de séances de groupe (tous les enfants sont présents). Les interactions sont libres (non contrôlées) et se déroulent hors de l'eau (les enfants restant sur le bord). Ils sont encouragés verbalement.
L'équipe est composée des trois responsables du projet (dont B. Smith), d'un coordinateur des parents, des entraîneurs des dauphins, d'étudiants et des parents.
Les conclusions de cette recherche exploratoire sont que l'expérience a été positive pour tous les enfants, avec cependant des résultats particulièrement significatifs pour un des enfants au niveau des démonstrations verbales (production de sons). Une augmentation importante des capacités attentionnelles des enfants a également été remarquée.
Les observations et questions suscitées par cette « recherche » vont conduire B. Smith à réaliser une étude de cas : celle de Michael, l'adolescent autiste, le seul à avoir progressé de manière importante.
c) Dolphin Plus Autism : a case study . Il s'agit d'une étude de cas, plus particulièrement celle de Michael, l'adolescent autiste chez qui le contact avec les dauphins lors du projet précédent semble avoir eu des répercussions significatives.
Les objectifs sont : utiliser le dauphin afin de créer un environnement permettant à la personne autiste d'agir et de se comporter de manière spontanée ; utiliser le dauphin et un encadrement humain afin d'orienter la communication à travers des comportements appropriés ; et établir qu'un comportement approprié peut être retenu et répété sur une période significative de temps et dans une variété de situations.
Un total de 16 rencontres de durée variable seront organisées entre le 10 janvier 1982 et le 2 janvier 1983. Les dauphins sont au nombre de 6, évoluent dans un milieu « semi-captif », et ne sont pas renforcés lors des interactions.
Michael est un adolescent autiste de 18 ans. Les interactions sont libres, et se déroulent aussi bien hors de l'eau que dans l'eau. Il est encouragé verbalement.
L'équipe est composée de B. Smith, des propriétaires des dauphins, d'une thérapeute, des entraîneurs des dauphins et des parents.
Comme conclusions, les auteurs du projet ont pu observer des progrès chez l'adolescent autiste en ce qui concerne son mode de communication, ses capacités attentionnelles, l'apparition d'initiatives,…certains de ces changements se généralisant également en dehors du contexte des rencontres avec les dauphins.
Cependant, l'équipe souligne que l'ensemble de ces progrès ne peut être envisagé qu'à l'état d'observation et qu'aucune conclusion quant à l'effet spécifique des dauphins sur des enfants autistes ne peut être formulée, d'autres recherches et observations s'avérant nécessaires.
d) Le Dolphin Plus Autism Pilot Project : est l'étude la plus systématique de B. Smith qui, à la suite de ses observations précédentes désire récolter des données davantage « scientifiques ».
Les objectifs de l'étude sont d'observer une différence éventuelle entre des enfants autistes faisant l'expérience d'une interaction directe avec des dauphins de ceux jouant avec des dauphins en plastique.
Un total de 8 séances sont réparties sur une semaine. Les dauphins sont des dauphins semi-captifs et aucun renforcement n'est utilisé lors des interactions avec les enfants.
Un total de huit enfants et adolescents autistes « sévères » entre douze et vingt-cinq ans, de sexe masculin sont sélectionnés. Les interactions avec les dauphins se passent dans l'eau et hors de l'eau, et sont contrôlées. Conclusion : A partir du résultat de ses études, B.Smith en arrive à la conclusion que le dauphin Tursiops truncatus peut susciter, chez des enfants mentalement perturbés et en particulier des enfants autistes, des comportements spontanés non typiques et l'émergence de réponses sociales. Une augmentation du temps de concentration des enfants semble être une constante au niveau de ses observations. Selon elle, ce phénomène est en partie explicable par le jeu, la thérapie par le jeu, une des caractéristiques du dauphin étant son tempérament joueur. Elle insiste cependant sur le fait que ses études n'apportent pas de preuves scientifiques quant à un effet spécifique de la part du dauphin sur des enfants autistes, et que d'autres études sont nécessaires.
Psychologue de formation, David Nathanson a mis sur pied plusieurs études dont l'objectif était de démontrer expérimentalement et scientifiquement ses hypothèses quant à l'efficacité des programmes de thérapie mettant en contact des dauphins avec des enfants souffrant de handicap divers. Nathanson se base, entre autres, sur « l 'hypothèse du déficit d'attention » (Sokolov, 1963 ; Zeaman&House, 1963) qui suggère que la relative incapacité à apprendre des personnes mentalement handicapées est due à un déficit d'attention aux dimensions pertinentes d'un stimulus, plutôt qu'à une incapacité des processus ultérieurs. Dès lors, l'apprentissage peut être induit chez ces personnes en les exposant aux dimensions pertinentes d'un stimulus durant une période de temps suffisamment longue ce qui, secondairement, fait apparaître un comportement indiquant que l'apprentissage a pris place. Nathanson se base également sur différentes recherches investiguant les bienfaits du milieu aquatique, l'intelligence des dauphins, le lien particulier entre l'homme et l'animal… Parmi les différentes études mises sur pied par D. Nathanson, nous allons en citer trois : celles de 1989, 1991 et 1996. a) « Utiliser le dauphin Tursiops truncatus afin d'augmenter les capacités cognitives chez des enfants handicapés mentaux » : est une étude qui a été menée en 1989 au Dolphin Research Center, en Floride. b) « L'amélioration cognitive des enfants dans l'eau avec et sans dauphins » : est une recherche qui se déroule au Dolphin Research Center, de mars à juillet 1991.
Les objectifs sont de comparer les effets sur le fonctionnement cognitif d'enfants handicapés du travail dans l'eau, en présence des dauphins à celui du travail dans l'eau avec un jouet. c) « Efficacité de la thérapie assistée par les dauphins à court terme pour des enfants souffrant de sévères invalidités » : est une étude réalisée en 1995 et 1996, à Dolphin Plus, en Floride. Conclusion : A la suite de ses recherches, David Nathanson conclut que la présence des dauphins auprès d'individus souffrant de sévères handicaps augmente le niveau d'attention et la motivation de ceux-ci, ce qui a des résultats significatifs lors des séances de thérapies centrées sur les habilités motrices, l'élocution et le langage. Après avoir abordé les pionniers principaux de la thérapie par les dauphins, nous pouvons nous tourner vers une étude qui s'est basée sur ces deux auteurs : le projet Auti-dauphin. Le projet auti-dauphin est le seul projet de ce genre ayant eu lieu en Belgique. Il s'est déroulé au delphinarium de Bruges sur une période de quatre années : de 1992 à 1996. Il se base essentiellement sur les travaux réalisés par Smith et Nathanson, et trouve ses origines dans les demandes répétées de parents d'enfants autistes ayant entendu parler dans la presse des résultats « spectaculaires » des programmes thérapeutiques américains mettant des enfants autistes en contact avec des dauphins… Il est important de s'arrêter un moment sur la position du directeur de l'institution par rapport à l'autisme et aux dauphins, et de comprendre dans quel état d'esprit le projet auti-dauphin s'est mis en place. Selon lui, le traitement c'est l'éducation. Ce dont il est question ici, c'est d'apprentissage et d'éducation. Il établit clairement sa non appartenance à l'univers merveilleux qui entoure les dauphins et est d'un scepticisme radical quant à un effet thérapeutique possible des dauphins sur les autistes. Cette position est également partagée par les membres du delphinarium, mais non pas par Véronique Servais pour qui le côté relationnel et communicationnel a son importance dans le processus « thérapeutique ». Nathanson parlant essentiellement de motivation et d'attention, les liens avec la philosophie de travail de l'institution des enfants deviennent donc de l'ordre du possible : la motivation et l'attention étant liés à l'apprentissage d'une part, et représentant deux problèmes caractéristiques des enfants autistes d'autre part.
Les idées de Smith, par contre, rencontrent davantage d'opposition avec des concepts tels que interaction, communication, jeu, etc.
Le projet auti-dauphin est composé de deux parties, que nous nommerons « première recherche » et « seconde recherche ». a) La première recherche : la première session débute en février 1992, au delphinarium de Bruges. b) La deuxième recherche : se déroule en continuation de la première, les objectifs restant les mêmes. Conclusion générale du projet : Au terme des quatre années du projet et malgré tous les efforts d'objectivation, les résultats obtenus ne permettent pas de tirer des conclusions scientifiques quant à l'effet positif des dauphins sur l'apprentissage des enfants autistes. Aucun changement notable sur le plan social ou communicatif n'a été constaté non plus, à l'exception du nouveau pôle d'intérêt des enfants (les dauphins) et leur familiarisation avec l'eau. Le groupe de recherche conclut également que l'interaction entre des dauphins et des enfants autistes n'augmente pas l'attention de ceux-ci, les mesures d'attention n'étant pas corrélées avec la présence des dauphins, et les résultats des apprentissages ne sont pas non plus corrélés à l'intérêt porté pour les animaux. Selon l'équipe, une recherche permettant de « prouver » l'effet des interactions avec des dauphins sur l'apprentissage est par définition irréalisable avec des enfants atteints d'autisme, car ils ont besoin d'une longue période d'adaptation à tout nouvel environnement, et des adaptations aux particularités de chaque enfants seraient nécessaires. Le projet auti-dauphin se démarque des travaux de Smith et Nathanson à plusieurs égards : le scepticisme marqué par rapport à l'idée que les dauphins puissent être d'une aide thérapeutique auprès d'enfants handicapés, en l'occurrence ici des enfants autistes. Une lutte constante contre l'univers merveilleux du dauphin, et un souci d'objectivation et de rigueur extrême, ne laissant pas de place à des concepts tels que communication, interaction, car se rapprochant de trop près du mythe personnifié de l'animal. Les membres de l'équipe soulignent de nombreuses limites à cette étude, comme par exemple le fait que l'expérience de la seconde recherche n'est pas une reproduction de la première : l'organisation des séances est modifiée, les groupes dauphins et classe diffèrent à plus d'un titre, chacun des groupes d'enfants a été traité différemment, etc. Ils en concluent donc qu'il ne s'agit pas d'une véritable étude expérimentale répondant aux critères de scientificité. Le point de vue de Véronique Servais par rapport au processus d'objectivation permet de poser un regard différent sur le projet auti-dauphin. L'idée avancée est que le processus d'objectivation lui-même pourrait bien être responsable de la disparition de l'effet positif de l'animal : l'expérimentation ne serait pas un contexte neutre mais plutôt un contexte défavorable à la mise en évidence de l'effet de l'animal, celui-ci ne pouvant pas apparaître. Et cela en raison de l'instauration brutale de neutralité, objectivité, contrôle, mesures, dans un domaine rempli d'imaginaire, de rêverie, d'illusion…
Selon elle, la différence au niveau des résultats d'une année à l'autre est en partie explicable par ce point de vue-la : détendue et amicale la première année car l'équipe ne possède pas encore de point de repère quant à la manière de mettre les enfants en contact avec les dauphins, l'ambiance l'est beaucoup moins la seconde année. Les enfants ne sont plus des partenaires dans l'organisation progressive des séances, et leurs comportements doivent atteindre des critères bien définis. Ils doivent se conformer, les membres de l'équipe ne tiennent plus compte de leurs réponses. L'équipe a atteint la neutralité « nécessaire » et la désimplication émotionnelle totale, sorte d'aveuglement volontaire pour tout ce qui n'est pas compris dans les objectifs, les attentes.
Selon Véronique, il faudrait donc réintroduire des notions de communication, interaction, relation, en acceptant que ces phénomènes « immatériels » font pourtant partie du réel. Ce qui est thérapeutique alors, ce n'est pas le dauphin mais le contexte construit avec le dauphin, autour des comportements de l'enfant, en acceptant de considérer ceux-ci comme des réponses à notre propre comportement à leur égard. La sensibilité à l'émotion et, probablement au plaisir, sont des ingrédients essentiels à la zoothérapie.
Après cet aperçu concernant les recherches sur les thérapies avec les dauphins, il semble que nous ne pouvons pas affirmer qu'il soit prouvé scientifiquement que les dauphins ont un pouvoir spécial de guérison sur des enfants autistes ou atteints d'handicaps, quels qu'ils soient. Cependant, même s'il n'est pas prouvé scientifiquement que les dauphins ont un pouvoir thérapeutique, il ne faut pas non plus tomber dans l'excès inverse et condamner d'emblée les programmes qui mettent en contact des enfants et des dauphins.
L'important réside sans doute dans la manière dont on aborde ce genre d'expérience, dans sa présentation et dans son déroulement.
La delphinothérapie est à resituer dans le champ de la zoothérapie, secteur qui prend une amplitude de plus en plus étendue, et dont les effets positifs sur la santé physique et morale sont reconnus. Cliquez ici pour en savoir plus sur notre programme programme pour enfants Retour au sommaire des programmes thérapeutiques Retour à l'index des programmes
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